Une escale imprévue

Dès les premières heures du matin, les membres de l’équipage reprennent le travail sans se soucier si des passagers dorment encore. Comme la veille, les ordres prélude au départ viennent de partout sur le pont principal. Une fois l’ancre levée, on peut entendre le bateau craquer de tout son long au fur et à mesure que les voiles se déploient, gonflées par le vent qui commence à souffler.

Pour les passagers moins habitués et les plus craintifs, de tels bruits causent une certaine nervosité, plusieurs pensant que l’embarcation présente des faiblesses d’usure. Les rares ayant déjà navigué ont vite fait de les rassurer. Les bruits seront du voyage jusqu’à Québec, disent-ils. Ils seront encore plus forts et stressants lors des tempêtes.

-          Certains les oublient avec le temps. D’autres dépriment à les entendre continuellement, lance, après s’être raclé la gorge, un homme en descendant de sa couchette située près de celles des Murphy et des Bannon. Je crois qu’il est préférable de s’occuper durant le voyage pour les oublier… ça et bien d’autres choses. Ne comptez pas trop sur l’équipage pour vous donner des conseils sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour survivre à un tel voyage, selon ce que j’ai pu constater.

-          Merci pour vos conseils, répond George en replaçant ses affaires et ceux de sa famille. Moi aussi j’ai remarqué pour l’équipage.

Des passagers, comme les jumeaux Murphy et les enfants Bannon, sont déjà montés sur le premier pont pour assister au départ du matin. D’autres veulent revoir leur Irlande natale pour une dernière fois, le temps que les côtes sont encore visibles. On ne reverra pas la terre ferme de sitôt, font-ils remarquer. L’Irlande ne revivra que dans leurs souvenirs.

On a disposé de la nourriture sur une table près de la trappe menant aux ponts inférieurs. Il faut en déduire qu’elle est destinée aux passagers, car personne de l’équipage ne leur adresse la parole depuis le départ.

Vers le sud

Le bateau vogue vers le sud afin de contourner la pointe méridionale de l’Irlande et ensuite mettre le cap vers le Canada et entreprendre la longue traversée de l’océan direction ouest. C’est du moins ce que plusieurs pensent.

Le bateau a navigué ainsi des heures, profitant d’un vent favorable qui déployait les voiles à leur maximum. Les jumeaux, toujours suivis d’Elizabeth et Bruce Bannon, ont pris place sur le devant du bateau pour enfin constater sa vitesse alors qu’il fend les vagues qui osent se présenter devant sa coque.

Pour ces jeunes, comme plusieurs autres passagers habitués de vivre pauvrement et reclus en campagne, ce bateau est le bâtiment le plus imposant qu’ils ont vu. Il déploie énormément plus de puissance que le cheval ou le bœuf de la ferme, seules véritables forces brutes à la disposition des paysans.

Jake voudrait s’interdire de cligner des yeux pour ne pas perdre un instant des manœuvres des matelots pour faire augmenter l’allure du navire. L’adolescent, qui attend ce moment depuis longtemps, est fasciné. Jamais il n’a filé à pareille vitesse, même les rares fois qu’il avait enfourché le cheval de trait de la ferme pour le faire galoper maladroitement dans le champ, ce qui était interdit par son père d’ailleurs.

Il fallait être très attentif, avoir un peu navigué dans sa vie, pour s’apercevoir que le bateau avait dévié de sa trajectoire. On doit filer franc sud, mais vers la fin de la journée, alors que le soleil veut tremper ses rayons dans l’eau, le gouvernail a légèrement été tiré à tribord, ce qui a fait changer le cap du navire. L’ordre est passé sous silence, au lieu d’être répété plusieurs fois comme lorsque l’équipage lève l’ancre.

Personne n’en a parlé. Même que la manœuvre n’a presque pas eu d’effet, car les vents ayant augmenté d’intensité ont quasiment gardé le bateau dans la même direction. Mais c’était voulu. Et prévu.

En fait, le navire a navigué à distance des côtes toute la journée, mais d’assez loin pour ne pas les distinguer à bord du bateau. Seul le matelot au poste de la sentinelle, au bout du grand mât, gardait à vue la terre ferme. Mais là, il devient de plus en plus évident qu’on s’en rapproche.

Au nord du port de la ville Wexford, un bras de mer vient former un bassin naturel. Le bateau l’a longé, pour par la suite passer près de ce qui semble être une île. Un ordre est donné; une des grandes voiles est abaissée, ce qui ralentit l’allure du navire.   




-          Que se passe-t-il?, demande Mary à George. Pourquoi ralentissons-nous? Nous ne devions pas voguer vers le sud et puis vers l’ouest en direction du Canada?, ajoute-t-elle, ayant encore frais à la mémoire ce que son époux lui avait expliqué lors du départ de Dublin.

-          Je ne sais pas. C’est ce que je croyais, répond-il, à peine arrivé sur le pont principal, alerté par plusieurs passagers surpris de la nouvelle orientation du bâtiment.

Il est immédiatement suivi par Karl et Barbara Bannon, qui cherchent leurs enfants du regard. D’autres passagers arrivent sur le pont supérieur, surpris de cette agitation soudaine. Personne chez les matelots n’informe les passagers de ce qui se passe, malgré les demandes répétées.

Une autre voile est descendue, alors que la côte se rapproche. Le bateau navigue doucement vers la terre ferme, jusqu’au moment où l’encre disparaît dans l’eau avec fracas. L’embarcation en vient à s’immobiliser. On distingue maintenant bien une ville et son port de mer. De quelle ville s’agit-il?, se demande George, comme Jake arrive près de lui après avoir zigzagué en courant entre des matelots et des passagers.

-          J’ai entendu des marins dire que nous arrivons à Wexford, chuchote-t-il en s’avançant  vers l’oreille de son père. Un autre, plus jeune, lui a répondu qu’il n’y avait pas assez de place ni de nourriture sur le bateau pour prendre d’autres voyageurs, ajoute l’adolescent.

-          Merci, lui dit son père sans plus de réaction, pour ne pas attirer l’attention.

On fait donc escale dans le but d’embarquer d’autres migrants voulant quitter l’Irlande pour se rendre dans le Bas-Canada. Mais où allait-on installer ces nouveaux passagers?  Le bateau est à ras bord, estime George. Une petite inspection sur les deux ponts inférieurs lui avait permis de constater que les couchettes semblent presque toutes occupées. Seule la cale offre encore un peu d’espace, se dit-il. Qui est assez désespéré pour accepter de s’entasser comme du bétail dans le fond d’un bateau qui mettra peut-être plus de six semaines à se rendre à destination?

Malheureusement, probablement plusieurs, se répond Murphy. La famine, la crise, la maladie, tout ce qui hante l’Irlande, sont assez de raisons pour accepter de prendre le risque d’un tel voyage en échange d’un peu d’espoir d’une vie meilleure pour soi et ses enfants.

Des agents recruteurs sillonnent le pays dans le but d’inciter des Irlandais à aller coloniser ce nouveau monde. Ceux-ci font miroiter la possibilité de s’établir sur des terres à défricher offertes gratuitement par les gouvernements. Nul doute que le message fait son effet dans une population décimée et ouverte à entendre des mots porteurs d’espoir.

George a envie de grimper sur le parapet pour prendre la parole et avertir les autres passagers de ce qu’il vient d’apprendre de la bouche de son fils. Leur dire de se préparer à accueillir de nouvelles personnes à bord; ou d’organiser une délégation allant demander au capitaine de renoncer à cette escale. Il ne fait rien de tout cela, sauf d’alerter discrètement Mary pour la mettre en garde. On doit s’assurer que les quatre couchettes utilisées par la famille aient l’air occupées pour ne pas se les faire ravir par les nouveaux passagers. Les bagages doivent être surveillés en permanence pour éviter le vol.

Les passagers sur le pont continuent de regarder vers le port de Wexford. Il n’est qu’à quelques centaines de mètres. On entend le bruit de quelque chose qui tombe à l’eau de l’autre côté du bateau. Jake et son frère se précipitent à bâbord pour voir de quoi il s’agit. Une chaloupe a été lancée du pont. Deux hommes, dont Jim le préposé à l’embarquement, y ont pris place et rament en direction du quai le plus proche du port de Wexford. Ils vont l’atteindre au bout de quelques minutes.

Il faudra attendre une heure avant de les voir revenir au bateau. Sans donner aucune explication, les deux hommes enlignent les quartiers du capitaine pour y pénétrer sans jamais en ressortir durant la soirée. Ceux qui pensaient avoir des informations sur ce qui se passe doivent patienter encore une fois. Quand on demande aux marins, ils tournent les talons sans dire un traitre mot.

Est-ce qu’ils pourraient en venir à réagir avec violence?, s’interroge  George Murphy. Surtout que quelques-uns sont armés, a-t-il pu remarquer. C’est le cas de ceux qui montent la garde devant les appartements du capitaine, ce véritable fantôme qui n’a pas trouvé bon adresser la parole aux personnes ayant monté à bord de son navire.  Un manque de respect flagrant, selon George. Comment peut-on accueillir des gens à bord sans jamais venir les saluer, même quelques minutes?

Jake et John, qui ont eu le temps de fouiner un peu partout sur le navire, n’ont jamais croisé celui qu’on considère comme le maître à bord après Dieu. Ils ont vite compris qu’il vaut mieux ne pas approcher des quartiers du capitaine dûment gardés par ces marins armés.

Tous les passagers ont conclu qu’il ne se passerait pas autre chose ce soir-là, sans plus d’explication sur ce qui se trame. On se prépare donc pour la nuit, après le repas du soir, qui demeure peu élaboré. Pendant ce temps, les rumeurs vont dans tous les sens; le bateau va rebrousser chemin; les marins refusent de traverser l’Atlantique, car des informations sur des pirates et des monstres des mers sont venus jusqu’à eux; la coque du bateau s’est fissurée et on risque le naufrage, etc.

Une fois l’énervement estompé, plusieurs ont regagné leur couchette. La deuxième nuit s’annonce comme la première, sans houle, constatent les Murphy et les Bannon en admirant les étoiles sur le pont principal.

-          Ils vont embarquer d’autres Irlandais demain sur le bateau, déballe George à Karl et Barbara, une fois les deux clans revenus au dortoir.

-          Quoi?, répond Barbara. Qui ça?

-          Des passagers qui attendent au port de Wexford, comme nous à Dublin. Jake a entendu des matelots en parler juste avant que le bateau jette l’encre. L’un des marins a protesté en disant qu’il ne restait plus assez de place à bord.

-          C’est vrai!, lance Karl à George. Qu’est-ce qu’ils ont pensé? Où va-t-on les placer? Les accrocher au grand mât?

-          Si je lis bien la situation, ils arriveront par chaloupe demain matin. Nous ne nous rendrons pas au quai de Wexford avec le bateau.

-          Donc, pas de nourriture ni d’eau supplémentaires ne seront hissés à bord pour ce monde-là?, ajoute Karl à voix basse, mais en serrant les dents.

-          C’est ce que je crois. Je peux me tromper. Mais si c’est le cas, ça sera une supercherie. Personne ne nous a avertis d’une telle escale et qu’il faudrait se tasser comme du bétail, s’enrage George, plus il découvre l’ampleur de l’escroquerie.

La lame du poignard

C’est encore le travail des matelots qui a réveillé les passagers, très tôt le lendemain matin, pour ne pas dire en pleine nuit. Visiblement, ces marins dorment peu. Un branle-bas de combat qui se fait entendre jusqu’au deuxième pont inférieur…

« Il se passe ce que j’appréhendais », se dit George en se rendant sur le plancher principal. Au loin, des chaloupes à rames se dirigent vers le bateau. Ils semblent transporter des adultes et des enfants.

-          Ce sont les nouveaux passagers, glisse Jake à son père en arrivant en trombe à ses côtés. Je les ai entendus se parler en descendant les câbles qui serviront à les faire monter à bord. Ils sont une trentaine. Peut-être un peu moins. Ce n’est pas clair. Mais des matelots ne sont pas contents. Nous allons manquer de tout : eau, nourriture et d’espace, qu’ils disent.

-          Ça n’a aucun sens, répond son père, qui n’a pas cessé de fixer les embarcations voguant vers le transatlantique. Je n’ai pas compté combien nous sommes sur ce bateau, mais une trentaine de personnes de plus, c’est beaucoup trop!

-          Qu’est-ce que nous allons faire?, demande son fils, toujours prêt à passer à l’action pour régler un problème.

-          Pour le moment, je n’ai pas de solution. Je vais aller en parler à ta mère et aux Bannon pour voir ce qu’ils en pensent. Une chose est certaine, nous sommes en train de nous faire avoir. Il n’a jamais été question d’un surplus de passagers lors de la traversée. D’être entassés comme ça, ce n’était pas prévu.

Tout le mouvement provoqué par l’approche des chaloupes en provenance du quai de Wexford a eu tôt fait d’attirer d’autres passagers sur le pont principal. Il vient vite à l’évidence qu’on devra se tasser pour faire place à de nouveaux voyageurs. Alors qu’on procède aux manœuvres d’embarquement, les protestations commencent à se faire entendre chez les passagers assistant à la scène. La femme ayant protesté contre l’arrivée à l’improviste des Bannon, juste avant le départ de Dublin, ne s’est évidemment pas fait prier pour exprimer son désaccord une fois de plus.  Et de façon autrement plus énergique même.

-          C’est qui eux? Êtes-vous fous? Il n’y a pas de place pour d’autres personnes ni assez de nourriture pour d’autres bouches sur ce bateau!, crie-t-elle, encouragée par plusieurs autres, à l’intention des membres d’équipage. Vous voulez faire de l’argent en empilant les gens?, ajoute-t-elle, un tirant sur l’épaule de Jim, affairé à hisser les premiers nouveaux arrivants sur le bateau.

L’Écossait la repousse violemment d’un seul bras, l’autre tenant toujours le cordage auquel s’étaient agrippés des enfants. La femme d’une quarantaine d’années tombe de tout son long sur le plancher, près du mât central. Le geste brutal fait réagir des hommes ayant assisté à la scène, alors que des femmes accourent près de la victime.

Voyant la précipitation en sa direction, Jim sort de sa botte droite un poignard qu’il exhibe devant son visage à l’intention des hommes s’étant approchés.

-          Reculez!, ordonne-t-il. Sinon, je vais m’en servir. Et je n’hésiterai pas! Je fais respecter l’ordre sur ce bateau depuis des années. Ce poignard m’a souvent été utile. Celui qui va insister aura droit à des funérailles maritimes…

La menace et le poignard qu’on devine tranchant ont fait reculer les assaillants de quelques pas. Les enfants, qui avaient compris que la transition d’une embarcation à l’autre avait été momentanée stoppée, ont pu continuer à grimper au cordage, aidés de leurs parents toujours dans les chaloupes flottant le long de la coque du navire. Leur arrivée à bord crée un autre mouvement de recul des passagers sur le pont pour leur faire de la place. Les femmes entourant la victime de la violence de Jim l’aident à se relever. Elle saigne de la tête et semble un peu étourdie.

-          Vous allez nous laisser travailler, ajoute Jim en regardant autour de lui, prêt à dégainer à nouveau son long couteau.   

La bousculade, le poignard exhibé et l’arrivée de passagers non prévus ont jeté un froid sur le pont. La situation ne peut pas être plus tendue.

Enfin le capitaine

C’est à ce moment que les occupants du bateau font la connaissance du capitaine pour la première fois. L’homme, grand et mince, vient de sortir de ses quartiers et se tient près de la timonerie, lui donnant une estrade surplombant le groupe. Un silence complet s’installe. Tout le monde devine qu’on aura droit à un discours... pas nécessairement de bienvenue.

-          Le voyage sera difficile. Très difficile!, lance-t-il sans aucune forme de politesse. Vous devrez donc vous conformer aux règles, peu importe les conditions. Ce n’est pas un voyage d’agrément, tenez-vous-le pour dit.

-          Pourquoi ajouter d’autres passagers?, coupe la femme rudoyée en essuyant le sang coulant le long de son visage.

-          Ce n’est pas à vous de déterminer la capacité du bateau. Nous n’avons jamais donné de chiffre là-dessus. Ceux qui ne suivront pas les règles en subiront les conséquences, déclare le capitaine, sans préciser la teneur du châtiment qui attend les récalcitrants. Les marins vous auront à l’œil et pourront intervenir immédiatement quand quelque chose ne va pas…

Le ton est donné. Le régime sera militaire et autoritaire. Les quelques phrases du capitaine, qui ne s’était pas donné la peine de se nommer, donnent une bonne idée de l’atmosphère qui va  régner sur le navire au cours des prochaines semaines.

George jette un regard désemparé à Mary, qui n’a pas la force de répliquer aux propos du capitaine. Les menaces lancées n’ont rien pour rassurer les passagers n’ayant jamais été confrontés à pareil régime.

-          Ceux qui ne pensent pas pouvoir se conformer peuvent quitter le bateau immédiatement avec l’une des chaloupes, enchaîne le capitaine en faisant un geste de la main vers le quai de Wexford. Personne ne les retient. C’est le temps de se décider, car nous levons l’ancre très bientôt.

Bien sûr, aucun remboursement ne fait partie de la proposition, rage George. Lui et les autres passagers viennent d’avoir la confirmation qu’ils ont affaire à une bande sans scrupule qui vise à s’enrichir sur le dos de pauvres gens désespérés prêts à tout pour s’enfuir d’un pays n’offrant que famine et désespoir.  Qui est assez fou pour sauter dans une chaloupe et revenir en arrière après avoir tout vendu et payé son voyage?

-          Vous nous avez bien eus! Nous sommes pris au piège, rage le conjoint de la femme molestée par Jim. Soit qu’on se lance dans le vide ou qu’on se retrouve prisonniers dans une galère! Et l’argent que nous avons payé? Nous avons tout vendu pour prendre ce bateau. Nous ne pouvons pas revenir en arrière… et vous le savez, tous autant que vous êtes!, ajoute l’homme en fermant les poings et en avançant de deux pas en direction du capitaine.

Il n’en fallait pas plus pour que des matelots, dont évidemment Jim le colosse, se dressent devant lui pour barrer le chemin qui mène à la tribune où se tient le capitaine. Ce dernier se croise les bras et garde un silence qui a pour effet de répéter ce qu’il vient de déclarer. L’homme contestataire recule d’un pas, ayant encore chaud à la mémoire la longueur de la lame du poignard qui vient tout juste de menacer d’autres passagers en colère.

L’épisode vient de créer deux classes sur le bateau; les marins prêts à faire régner leur régime en utilisant la force, la violence et l’intimidation; et les autres humains autour d’eux qui devront subir leur dictat autoritaire.

Les chaloupes sont reparties vers leur point de départ qu’avec leurs rameurs à bord. Les marins ont réussi à imposer leur loi et à mater un début de rébellion. Ils savent que ce type d’insurrection sur un bateau navigant pendant de longues semaines sur un océan peut se produire sans avertissement. Vaut mieux faire comprendre immédiatement qui va diriger.

Le départ des chaloupes vers le quai de Wexford donne le coup d’envoi des manœuvres d’appareillage pour mettre enfin le cap vers Québec. Aura-t-on droit à une autre escale avant de mettre définitivement le pied à terre? Il ne faut pas, se dit George. La marmite va sauter si le nombre de passagers augmente encore.

On ne sait rien. Aucune information n’est transmise. Mais un message primordial va échapper aux voyageurs. Le choléra a frappé à Wexford dans les dernières semaines…

 La suite vendredi prochain!

* photo mairekennedybooks


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