Une escale imprévue
Dès les premières heures du matin, les membres de l’équipage reprennent le travail sans se soucier si des passagers dorment encore. Comme la veille, les ordres prélude au départ viennent de partout sur le pont principal. Une fois l’ancre levée, on peut entendre le bateau craquer de tout son long au fur et à mesure que les voiles se déploient, gonflées par le vent qui commence à souffler. Pour les passagers moins habitués et les plus craintifs, de tels bruits causent une certaine nervosité, plusieurs pensant que l’embarcation présente des faiblesses d’usure. Les rares ayant déjà navigué ont vite fait de les rassurer. Les bruits seront du voyage jusqu’à Québec, disent-ils. Ils seront encore plus forts et stressants lors des tempêtes. - Certains les oublient avec le temps. D’autres dépriment à les entendre continuellement, lance, après s’être raclé la gorge, un homme en descendant de sa couchette située près de celles des Murphy et des...