La longue marche de Louise
Louise se félicite d’avoir pensé à chausser ses meilleurs souliers pour marcher. Parce que le retour à la maison ne se fait pas par le chemin le plus court. Emprunter différentes rues lui permet de prendre du temps pour réfléchir seule à ce que vient de lui proposer son pasteur. Sans être trop insistant, le curé de la paroisse s’est montré assez ferme. La commande de l’archevêché de Québec est claire; les paroisses doivent trouver des familles capables de prendre sous leurs ailes des orphelins. On doit faire en sorte qu’ils soient élevés dans des familles catholiques et éviter leur égarement vers des communautés protestantes ou autres. Elle a dit vrai : jamais il n’a été question d’adoption pour concrétiser le rêve d’avoir un enfant. Pas que Charles et son épouse soient contre l’idée. Tout simplement parce qu’ils n’y ont pas songé. Personne dans leur famille respective n’a eu recours à l’adoption pour former une famille. Pas de voisin ayant dû accueillir des enfants de la paren...